Etienne Meyer direction
Capucine Keller, Anne Magouët sopranos
Paulin Bündgen, Pascal Bertin altos
Hugues Primard, Vincent Bouchot ténors
Renaud Delaigue, Cyrille Gautreau basses
Judith Pacquier, Liselotte Emery cornets à bouquin
William Dongois cornet ténor
Adam Woolf, Claire Mc Intyre sacqueboutes ténors
James Wigfull, Abel Rohrbach sacqueboutes basses
Monika Fischaleck basson
Pablo Kornfeld, Laurent Stewart orgue

Mikołaj Zielenski : un polonais à Venise ?

Venise, 1611, l’imprimeur Vincenti publie les Offertoria et Communiones Totius Anni. Ce recueil signé par Mikołaj Zielenski renferme 113 pièces sacrées écrites pour les voix et les instruments. Que savons nous de Zielenski ? Bien peu, à vrai dire… Il vient de Pologne, et propose dans cet opus une musique splendide. Nulle trace de sa jeunesse, aucune idée de sa formation musicale. C’est dans le sillage d’un personnage éminent, Wojciech Baranowski, que Zielenski apparait : nommé organiste en 1604, il entre au service de cet évêque qui, après avoir été ordonné prêtre en 1581 , sillone l’Europe au nom de l’église catholique. Baranowski voyage vers l’Italie à plusieurs reprises, son itinéraire le mène jusqu’à Rome, Padoue, Venise et Milan. Accompagné de sa suite, il emmène probablement Zielenski avec lui. Nous n’avons donc que peu d’informations sur ce dernier, mais sa musique nous éclaire de manière frappante, comme un jeu de piste : le style d’écriture utilisé – prima pratica, nomenclature des voix, motifs mélodiques, schémas harmoniques – montre sa parfaite connaissance de la musique vocale d’Andrea et Giovanni Gabrieli, alors actifs à Venise. Mieux encore, Zielenski écrit des diminutions instrumentales calquées sur celles du cornettiste vénitien Giovanni Bassano. Mikołaj Zielenski aurait-il eu accès, depuis la Pologne, à ces partitions ? Serait-il venu se former en Italie ? Un polonais à Venise ? Cette enquête passionnante menée au coeur même des oeuvres laisse supposer des contacts des plus étroits ! Il en résulte une musique de toute beauté, interprétée ici par Les Traversées Baroques dans la plus pure tradition vénitienne : les instruments à vent se mèlent à une superbe équipe de chanteurs, mettant en valeur la splendeur de ces polyphonies polonaises éclatantes.

Ce programme a fait l’objet d’un enregistrement discographique paru pour le label K617 en 2015 (5 diapasons). Il a été donné en concert à Saarburg (All.), au festival international de Sarrebourg et à l’Opéra de Dijon.