Passions et tourments amoureux, une nouvelle création en 2018 : la soprano Anne Magouët chantera des œuvres de Barbara Strozzi, entourée d’une équipe instrumentale de choc. Un programme créé pour le festival Musique et Mémoire le 21 juillet à 21h dans l’église de Saint-Barthélémy. Vous pouvez d’ors et déjà réserver vos places sur le site du festival

Les 18 et 19 juillet prochains, nous vous proposons également de venir jeter une oreille aux répétitions, qui seront publiques : vous pourrez ainsi (re)découvrir la chapelle Sainte-Anne, où nous profiterons aussi bien de l’acoustique splendide que de la fraîcheur des lieux en cette période estivale… Venez flâner dans le musée d’Art sacré aux sons du théorbe, de l’orgue, du clavecin, du violon baroque et du cornet à bouquin qui accompagneront Anne Magouët. Les répétitions sont  ouvertes au public. Elles auront lieu pendant les horaires d’ouverture du Musée d’Art Sacré de Dijon, entre 9h30 et 12h30, puis entre 14h et 18h. Une surprise picturale, sortie pour l’occasion des réserves du Musée des Beaux Arts de Dijon, vous y attendra…

Barbara Strozzi – Muse et compositrice

Une soirée en compagnie de Barbara Strozzi, femme compositrice au destin bien singulier… Imaginez-vous dans la Venise baroque du Seicento, sa culture florissante et ses Arts novateurs. Entendez la musique omniprésente dans les églises, dans les rues et sur le port : les plus belles voix d’Italie et d’Europe y sont réunies. Barbara Strozzi est l’une des perles de cet écrin de choix. Son éducation raffinée la place au centre d’un cercle littéraire et musical influent, l’academia degli unisoni, dont elle devient la muse. C’est dans l’intimité de ces réunions privées qu’elle chante et compose. La publication des Veglie de segnori unisoni en 1638 dresse le portrait des membres et consigne les débats qui s’y tiennent. Barbara y joue le rôle de maîtresse de cérémonie et choisit les sujets. Un jour s’y tient par exemple une controverse qui résume à elle seule l’état d’esprit de cette période : du chant ou des larmes, quelle est l’arme la plus puissante en amour ? Argument en faveur des larmes : elles sont naturelles, le chant, lui, est artificiel, il simule les passions et feint la souffrance. Les musiciens ne confessent-il pas eux-mêmes qu’ils usent de soupirs, d’artifices et de langueur volés à la douleur et aux larmes pour donner de la puissance à leurs chants ? Argument en faveur du chant : les larmes coulent de manière incontrôlée sans ordre aucun. Le chant est conduit par l’âme, il est donc véritablement maître des élans, des soupirs, de la langueur et de toutes ces complexités musicales qui font naître l’amour. L’art surpasse la nature, et la musique atteint un degré de perfection tel qu’il n’existe aucun pouvoir qu’elle ne puisse exploiter, aucune difficulté qu’elle ne puisse surmonter. Et Barbara Strozzi de conclure : « je ne discuterai pas votre choix, mes gentilhommes, en faveur du chant, parce que je sais bien que vous ne m’auriez pas fait l’honneur de votre présence si je vous avais invités à venir me voir pleurer, et non à m’entendre chanter… » Del canto, delle lagrime, à vous de juger !

JudithFestival Musique et Mémoire