Une conférence, puis un concert, c’est ce samedi 18 novembre à 18 et 20h à l’auditorium de Dijon : Les Traversées Baroques prennent leur nom au pied de la lettre, et s’embarquent sur les routes maritimes de l’Atlantique vers l’Eldorado musical de la Cordillère des Andes. Au programme, des compositeurs qui, nés en Espagne, ont eu pour mission, aux 17e et 18e siècles, de nourrir la vie musicale, religieuse pour l’essentiel, à l’autre bout du monde. La distribution se veut tout aussi rayonnante que le voyage : Capucine Keller, Anne Magouët, Ariana Vafadari, Paulin Bündgen, Pascal Bertin, Hugues Primard, Vincent Bouchot et Renaud Delaigue seront accompagnés par un effectif instrumental brillant, tous placés sous la direction d’Etienne Meyer. Ce concert haut en couleurs sera donné dans la grande salle de l’auditorium de Dijon. N’hésitez pas, réservez dès maintenant en ligne !

En introduction au concert, à 18h, c’est une conférence exceptionnelle qui sera donnée par Alain Pacquier : qui savait, il y a seulement quelques années, que les chemins du baroque musical s’étaient prolongés jusqu’au cœur de l’Amérique latine ? Si les réalisations architecturales ou sculpturales du temps des colonisations espagnole et portugaise sont bien connues, seule une poignée de musicologues gardait en mémoire les musiques de cette époque englouties par les turbulences de l’histoire. Il fallut attendre la fin des années 80, pour que naisse l’ambitieux programme des «Chemins du Baroque dans le Nouveau monde» conçu et réalisé par une minuscule équipe de passionnés lorrains, pour que se révèle au grand jour ce patrimoine musical des 16e, 17e et 18e siècles conservé jusqu’alors dans des archives encore inexplorées ou, pis, retrouvées à l’abandon dans le recoin d’églises perdues au fin fond de la forêt amazonienne.

Qui aurait pu, mieux qu’Alain Pacquier, évoquer cette extraordinaire saga vécue durant plus de 25 ans dans une douzaine de pays d’Amérique latine, animant ce que plusieurs journalistes qualifièrent de « plus grande aventure musicologique de la moitié du 20e siècle »?  Journaliste et animateur, créateur et directeur du festival de Saintes, actuellement animateur des Rencontres Musicales de Saint-Ulrich (en Lorraine), Alain Pacquier se défend bien d’être un « conférencier ». Mais c’est un témoin toujours passionné qui fait découvrir aux publics les plus divers cette histoire.

 Journaliste, un temps organiste (il fut élève de Xavier Darasse), Alain Pacquier fonda le Festival de Saintes avant d’émigrer vers la Lorraine où, après avoir créé l’Institut Lorrain des Musiques Anciennes, il se prit de passion pour l’Amérique latine et ses patrimoines musicaux oubliés. C’est à partir de là que naquirent en 1987 les fameux « Chemins du Baroque dans le Nouveau Monde », s’inscrivant dans la durée grâce à la création en 2000 du Centre International des Chemins du Baroque de Saint Ulrich (à Sarrebourg en Moselle). Entre la Saintonge, la Moselle et l’Amérique latine, il a fait restaurer une soixantaine d’orgues, contribué de façon décisive à la création d’une bonne douzaine de festivals , tout en assurant la direction du label discographique K.617 et en organisant des centaines de concerts dans les lieux les plus improbables.

 

JudithMusique à la cité de rois, 18 novembre !